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Passer d’un modèle d’industrie linéaire à l’industrie circulaire, pourquoi est-ce une nécessité ?

Passer d’un modèle d’industrie linéaire à l’industrie circulaire, pourquoi est-ce une nécessité ?

D’après l’OCDE, la population mondiale devrait passer de 7 à 9 milliards d’ici 2050 et l’économie mondiale devrait quadrupler. Devant de tels chiffres, notre modèle industriel linéaire de croissance infinie semble dépassé. L’industrie n’a pas d’autre choix que de basculer vers un modèle d’économie circulaire. Voici pourquoi.

Dans un article précédent, nous avons interviewé Amélie Vaz, chargée d’études à l’INEC, au sujet de la récente étude « Pivoter vers l’industrie circulaire ». Elle nous a expliqué le contexte d’apparition de ce rapport riche en témoignages et découpé en trois parties : comprendre, repenser, et accélérer la transition vers l’industrie circulaire.

L’article ci-dessous apporte des éléments de compréhension au sujet de l’industrie circulaire, sur la base de témoignages et d’éléments chiffrés contenus dans la première partie de ce rapport.

Notre modèle industriel actuel est vulnérable

C’est un fait, notre modèle industriel linéaire, basé sur l’obsolescence, est condamné, car il est vulnérable. Selon un rapport de la banque mondiale, la production de minéraux pourrait augmenter de près de 500 % d’ici à 2050. Ironie du sort, cette explosion est liée à la demande de technologies énergétiques propres ! Il y a donc un réel risque de rupture des chaînes d’approvisionnement et la variabilité des coûts est déjà un problème. Pire encore, des tensions géopolitiques peuvent naître à cause de pénuries en matériaux comme le cuivre, un métal nécessaire à la croissance verte et au digital.

Des supply chains trop rigides

Les chaînes d’approvisionnement sont extrêmement rigides, du fait de la concentration des activités de production dans des pays à bas coût et de la fragmentation des chaînes de valeur.

Nous l’avons constaté avec la pénurie de semi-conducteurs de 2020 qui a eu un impact fort sur l’industrie automobile. De nouvelles pénuries sont à craindre, par exemple en ce qui concerne le lithium des batteries rechargeables : cet élément abondant a l’inconvénient d’être produit dans un nombre limité de pays, notamment en Australie et en Amérique du Sud.

Passer à l’industrie circulaire pour favoriser l’emploi local et l’innovation

En passant à un modèle d’industrie circulaire, les usines se rapprochent des gisements de matière et développent des services locaux permettant d’allonger la durée de vie des produits, comme la réparation.

Selon Xavier Hout, directeur de l’environnement chez Schneider Electric : « La circularité permet également une capture locale de la valeur dans les territoires avec la création d’emplois locaux peu délocalisables. Si les centres de R&D peuvent être mondiaux, l’écoconception implique une certaine proximité avec les clients en matière de services et une présence dans les territoires. »

De plus, ces emplois locaux non délocalisables sont aussi difficilement automatisables, car les flux entrants sont extrêmement variables.

Le Covid-19 a été un accélérateur de changements déjà en cours

Si le confinement a affecté les entreprises d’un point de vue business, la crise sanitaire a surtout été un révélateur de fragilités déjà existantes, en particulier concernant les ruptures d’approvisionnement. Cette crise a ainsi permis d’accélérer la prise de conscience en faveur d’une économie locale et responsable. 75 % des entreprises interrogées au cours de cette étude INEC/OPEO affirment que la crise sanitaire n’aura pas ou peu d’impact négatif sur la trajectoire circulaire de leur entreprise.

Par ailleurs, en ce qui concerne les investissements, les choses évoluent également dans le bon sens. Xavier Herrman est managing partner chez Yotta Capitals, un fonds d’investissement dédié au renouveau industriel et à la décarbonation. Il affirme qu’il y a « en amont une exigence des investisseurs qui demandent de plus en plus à intégrer dans les mandats de gestion des critères extrafinanciers, sociaux ou environnementaux. Il faut le saluer et souligner qu’une évolution dans ce sens se fait sentir depuis 18 mois ».

Xavier Herrman en est certain : « Cette crise présentera quoi qu’il arrive l’intérêt d’une prise de conscience massifiée autour des enjeux de souveraineté industrielle, de relocalisation et de circuits courts. »

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