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Les étapes financières d’un projet d’innovation

Les étapes financières d’un projet d’innovation


L’innovation conduit à des résultats incertains, voire inattendus qui peuvent modifier de manière importante le financement prévu. De nombreux projets d’innovation ont conduit à des révisions des dépenses pouvant augmenter considérablement le coût prévu initialement. L’échec est courant et il est nécessaire parfois d’arrêter le projet en cours de route, ce qui entraîne une perte pour l’entreprise. De ce fait, il est souvent nécessaire de procéder par étapes.

Extrait de Financement de projets d’innovation par Pierre DEVALAN

Un projet bien établi et chiffré dès le départ constitue le meilleur moyen de limiter les risques ou du moins de les évaluer. Il s’agit donc de déterminer les tâches qui seront à accomplir et d’estimer leur coût. Notamment, de bien prévoir les coûts en personnel, les frais généraux, les achats de consommables, les dépenses de sous-traitance, les investissements en matériel. Dans le cas d’un projet d’innovation, il faut penser aux dépenses de sous-traitances spécifiques à ce type d’activité. Le chiffrage du coût étant réalisé, il convient également d’établir une première estimation du retour sur investissement de façon à prévoir les besoins en trésorerie sur les années durant lesquelles le projet est développé et durant les années qui suivent le projet jusqu’au moment où l’investissement est remboursé. Il est fortement recommandé d’établir un plan de trésorerie prévisionnel par année, afin de disposer d’une référence initiale qui sera corrigée à mesure des réalisations.

Du plan de financement au business plan

Le tableau 2 donne un exemple simple de plan de financement du projet d’innovation d’une entreprise. Ce plan fait apparaître, dans les deux dernières lignes, le solde de trésorerie par année. Il donne également le cumul de trésorerie sur la durée du projet et les deux années qui suivent. L’exemple qui illustre ce tableau correspond ainsi à un projet d’innovation dont le coût est estimé à 850 K€ durant les trois ans de celui-ci. Une augmentation de capital de 10 K€ est prévue dans la seconde année, de même qu’un emprunt pour un investissement en matériel de 50 K€ non financé par les aides publiques. L’apport en aides publiques est, dans le cas présenté, égal à 47 % du coût du projet. Ce plan assure un équilibre de la trésorerie sur un exercice comptable. Toutefois, il faut également prévoir à quelles dates les ressources seront disponibles de manière à assurer un solde positif à tout moment sur le compte courant de l’entreprise ; pour ce faire, un besoin en fonds de roulement de 50 K€ la première année et de 20 K€ la seconde année est planifié de manière à pallier le décalage entre les dates des versements prévues des aides publiques et les dates des dépenses envisagées.

Lorsque « l’objet » de l’innovation est bien cerné et spécifié, il devient possible d’établir avec une plus grande précision les coûts de réalisation du ou des prototypes, ainsi que les coûts de lancement pour l’industrialisation et la commercialisation. Une réévaluation de ces coûts doit donc être conduite. De la même façon, la faisabilité marketing ayant été réalisée, les chiffres des ventes potentielles dans les années qui suivent le lancement du produit ou du service peuvent être également réévalués. Le résultat de ces réévaluations se traduit, d’une part, par une réactualisation du plan de financement et, d’autre part, par l’établissement d’un business plan donnant l’évolution des recettes et des dépenses au cours des années, ce qui permet de prévoir la date à laquelle le retour sur investissement s’effectuera. La figure 9 donne un exemple de présentation d’un business plan. Une fois que les prototypes ont été réalisés, on peut alors examiner précisément les financements nécessaires à l’industrialisation et à la commercialisation.

 



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